L'expérimentation animale n'est d'aucune utilité pour la recherche contre le SIDA
01-04-2008 Par Justin Goodman, Sun-Sentinel, USA
Le nouvel échec d'un vaccin contre le VIH, le V520 développé par le laboratoire Merck, démontre une fois de plus les failles de l'expérimentation animale utilisée par les chercheurs sur le VIH et le SIDA. Les Instituts Nationaux de la Santé des États-Unis (l'équivalent français de l'INSERM) affirment que la totalité des plus de 80 vaccins contre le VIH/SIDA ont échoué lors des essais cliniques sur les humains après avoir été developpés sur des animaux.
Le V520 est le dernier d'une longue série de fiascos.
Les essais précliniques du vaccin sur des souris, des lapins et des primates étaient prometteurs mais sur l'humain le vaccin a augmenté la sensibilité au VIH.En 2005, un expérimentateur animal du Washington National Primate Research Centre a écrit un article qui explique en partie l'échec des vaccins.
Il a écrit que « les modèles du VIS [la forme du virus qui touche les primates non humains] ne permettent pas de tester directement des vaccins pour le HIV et que de par la complexité et les limitations des modèles de primates non humains, il est difficile d'utiliser ces données pour alimenter le développement de vaccins contre le VIH ».
En d'autres mots, l'utilisation de singes pour les recherches sur le VIH/SIDA ne fonctionne pas.Pourtant l'utilisation des animaux perdure; chaque année des dizaines de milliers de singes sont élevés et importés aux États Unis pour des raisons de facilité et parce que les financements gouvernementaux sont juteux.
On s'interesse depuis longtemps aux failles de l'expérimentation animale et aux vertues de la médecine issue de l'étude de l'humain.
Le Dr. Allen Goldstein de l'Université George Washington, célèbre chercheur dans le domaine du SIDA, stipulait déjà en 1987 que « Plus tôt nous commencerons à tester sur les humains, plus tôt nous pourrons espérer trouver un vaccin. »Les études épidémiologiques, cliniques, in vitro (non-animales) et les méthodes de recherches informatisées ont offert à la science de remarquables avancées pour le VIH et le SIDA et continueront à jouer un rôle majeur dans la découverte d'un traitement efficace.
Les traitements actuels les plus utilisés tels que l'AZT, le 3TC et les inhibiteurs de protéase, ont été développés en utilisant des méthodes non-animales. L'utilisation des animaux dans la recherche sur le VIH/SIDA ne fait que prolonger la souffrance des humains et des animaux.
Des centaines de millions de dollars US sont gaspillés chaque année dans ces études sans fin. Les chercheurs devraient plutôt consacrer leurs temps à développer de nouvelles méthodes applicables aux humains qui permettraient de soigner et prévenir du HIV/SIDA. L'argent économisé pourrait être utilisé à d'autres fins.
En 2006, une étude publiée dans le magazine Science a conclu qu'en « augmentant tout de suite les dépenses en prévention, on réduirait de moitié les nouvelles infections prévues entre 2005 et 2015 et que cela permettrait d'économiser sur les coûts de traitements et de soins que ces infections pourraient occasionner. » Pourtant, en 2007, seulement 4% (956 millions de $) du budget gouvernemental des Etats Unis a été utilisé à des fins de prévention alors que 12% (2.6 milliards de $) a été consacré à la recherche, principalement dans l'expérimentation animale.
De plus, l'expérimentation animale implique de sérieux problèmes éthiques. Il est de notre devoir de protéger les droits de tout être sensible, humain et non-humain. Les animaux, souffrant lors de ces expérimentations scientifiquement douteuses, subissent d'enormes pertes de poids, des défaillances de leurs organes, des problèmes respiratoires et des désordres neurologiques.
Si nous reconnaissons qu'il n'est pas éthique de tester le SIDA sur des humains vulnérables ou non consentants tels que de jeunes enfants ou des personnes à faculté mentale réduite, il serait de même immoral d'infliger l'emprisonnement et la souffrance à des animaux.
Ce n'est pas l'intelligence ou la conscience qui détermine la capacité à souffrir.
Pour notre santé, notre économie et notre humanité, le gouvernement fédéral américain devrait immédiatement revoir ses budgets concernant la recherche sur le VIH/SIDA.
Les vies de millions d'humains et d'animaux en dépendent.Justin Goodman travaille en partenariat avec PETA (People for the Ethical Treatment of Animals).