| Expérimentation animale: que répondre? |
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| Mercredi, 07 Décembre 2011 18:57 |
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Il est important que les militants de notre association soient capables de répondre aux questions du public concernant les expériences sur les animaux. Même sans formation scientifique, il est possible de connaître quelques arguments scientifiques de base, d'abord en lisant et en étudiant nos publications et notre matériel audiovisuel et ensuite en participant aux journées de formation, comme celle-ci. Ce qui est évident, c'est le fait que le public pose très souvent les quatre ou cinq mêmes questions!
1. Si vous prenez des médicaments vous êtes un hypocrite. Puisque tous les médicaments sont forcément testés sur des animaux selon les exigences des autorités de réglementation, nous n'avons pas la possibilité de choisir entre des médicaments testés sur des animaux, non testés ou testés par d'autres méthodes. Le fait que les médicaments aient tous été testés sur des animaux ne les rend pas plus sûrs en ce qui concerne notre santé. Les effets secondaires des médicaments sont la quatrième cause de mortalité (plus de 18 000 morts par an en France et plus de 1,3 millions d'hospitalisations selon les statistiques officielles) après les maladies du cœur, le cancer et les accidents vasculaires cérébraux.
Par contre, pour les produits de cosmétique, le consommateur a le choix d'acheter des produits testés ou pas, sur des animaux. Vous pouvez trouver une liste de produits cosmétiques non testés sur des animaux. Plus les gens achèteront les produits non testés sur les animaux, plus vite l'industrie remplacera tous les tests sur les animaux par des méthodes qui n'utilisent pas les animaux.
2. Etes-vous d'accord pour que l'on utilise des cellules souches (humaines) pour la recherche biomédicale? Cette question est plus ciblée que la précédente mais il faut quand même éviter les pièges. Il existe aujourd'hui trois sortes de cellules souches : celles (dites iPS) issues de cellules prélevées du corps chez l'adulte ; celles issues du cordon ombilical chez le nouveau-né ; et celles issues des embryons. Ces dernières sont obtenues auprès de femmes qui ont subi des traitements contre l'infertilité et qui, ensuite, ont fait don de quelques-uns de leurs embryons pour la recherche médicale.
Dans les pays où cela se pratique, les chercheurs obtiennent des cellules souches d'embryons âgés de 7 à 14 jours, ce qui détruit l'embryon. En France, la recherche sur les cellules souches embryonnaires est toujours interdite bien que l'importation de ces cellules pour la recherche soit autorisée!
Pour Antidote Europe et Coalition Anti Vivisection, les cellules souches issues des humains sont préférables à celles issues des animaux pour des raisons de pertinence pour l'espèce humaine. Cependant, il faut éviter la polémique éthique. En principe, il n'existe aucun problème éthique à obtenir des cellules souches d'un adulte ou du cordon ombilical d'un nouveau-né puisque cela peut se faire sans nuire et avec le consentement éclairé de l'individu ou des parents du nouveau-né.
En ce qui concerne la polémique sur les cellules souches issues des embryons, il faut laisser la société prendre la décision de l'accepter ou de la rejeter, par exemple sous forme de referendum. Il est préférable dans ce cas de ne pas donner son opinion personnelle afin d'éviter une dispute. Donc pour l'instant, ceci est interdit en France.
3. Il faut tester les médicaments sur un système vivant entier. Bien sûr, mais le système vivant entier du rat n'est pas le même que celui du chien, ni que celui de l'humain. Nous ne sommes pas des rats de 70kg. Un vétérinaire ne va pas tester un médicament pour chevaux sur des perroquets. Même le chimpanzé, notre plus proche cousin, est immunisé contre le SIDA, l'hépatite B et le paludisme. Donc, si notre "meilleur modèle animal" ne peut pas nous aider pour ces maladies, qui tuent pourtant des millions de gens, comment compter sur des animaux encore moins semblables à nous?
Si nous testons un nouveau médicament sur dix espèces animales différentes (souris, rat, cobaye, hamster, lapin, chat, chien, porc, furet, singe), peut-être trois sur dix vont apparemment réagir comme les humains. Le problème est que nous ne pouvons pas savoir à l'avance quelles seront ces trois espèces. Ceci représente un pouvoir de prédiction d'environ 33%, donc moins fiable que de jouer à pile ou face (50%). Avec un autre médicament, des espèces différentes vont peut-être réagir comme nous, avec un autre encore, aucune espèce ne va réagir comme nous, etc. Ces tests sont une démarche empirique sans aucun intérêt.
Le fait que les médicaments aient tous été testés sur des animaux ne les rend pas plus sûrs en ce qui concerne notre santé. Les effets secondaires des médicaments sont la quatrième cause de mortalité (plus de 18 000 morts par an en France et plus de 1,3 millions d'hospitalisations selon le ministère de la Santé) après les maladies du cœur, le cancer et les accidents vasculaires cérébraux.C'est bien de répéter cet argument afin que les gens prennent conscience de ce fait important.
4. Comment allons nous guérir le cancer? Nous sommes en train d'échouer face au cancer malgré les milliards d'euros dépensés pour la recherche avec des centaines de millions d'animaux. Une personne sur trois aura un cancer au cours de sa vie. Tandis que nous pensions que cette croissance spectaculaire des cancers dans la population était due au fait que nous vivons plus longtemps, la première cause de décès chez les enfants âgés de 1 à 14 ans est aujourd'hui... le cancer ! Par contre il est reconnu que le cancer est largement évitable. 90 à 95% des facteurs qui peuvent provoquer les cancers sont liés à notre style de vie et à notre environnement tandis que 5 à 10% sont dus aux influences génétiques. Pour les bébés nés aujourd'hui avec 200 produits chimiques de synthèse dans le corps, il est évident qu'il est, au moins, aussi important de prévenir le cancer que de le guérir.
L'industrie pharmaceutique s'aperçoit de l'échec concernant les traitements du cancer chez les malades. C'est la raison pour laquelle elle se dirige vers la "médecine personnalisée" qui utilise les cellules cancéreuses du malade afin de trouver un traitement efficace pour l'individu. Même deux soeurs jumelles atteintes de cancer du sein peuvent avoir de très petites différences au niveau de l'ADN dans leurs cellules cancéreuses, différences qui exigeraient un traitement différent pour chacune. Donc, si une jumelle n'est pas capable de prédire le type de cancer de sa sœur, ni le traitement, comment peut-on s'attendre à ce que des rats ou des souris soient capables de réagir comme un humain? |















